Silence, on tourne!

Hier matin, les automobilistes empruntant la RN 33 à Saint-Avold, ont été surpris par un dispositif de déviation mis en place à hauteur de l'accès à la route du Puits. Pour quelle raison? Les besoins du tournage d'un film pour la Sécurité routière.La route du Puits à Saint-Avold faisant la jonction entre la RN 33 et le rond-point de la nouvelle nécropole est coupée à la circulation hier matin. Sur la RN 33, des plots en plastique et des véhicules utilitaires de la Ville en interdisent l'accès. A l'autre extrémité, un policier municipal est en faction derrière des barrières métalliques. Que se passe-t-il? Sur cette portion de voie bordée de forêt, on tourne l'une des séquences d'un film qui, dans le cadre de la semaine de la Sécurité routière, sera projeté le 21 octobre prochain, à plus de 700 jeunes, au stade municipal.
Sur le site, François Ponthieu, intervenant départemental de Sécurité routière, porteur de ce projet avalisé par le ministère des Transports, la Préfecture et la Ville de Saint-Avold, l'équipe de tournage travaillent sous un soleil ardant. "Les conditions sont idéales" juge Bao Long N'Guyen, spécialiste des effets spéciaux.

Le réalisateur Marc Ponthieu, son assistante Lydie Tisserand, Stéphane Ulrich, chef opérateur de Cycl'One, association audio-visuelle messine, la scripte Mélanie Roth dirigent, dans une ambiance décontractée mais empreinte de fermeté, les acteurs. Ce sont des jeunes âgés d'une vingtaine d'années, les uns étudiants en communication, les autres poursuivant des études dans les arts du spectacle.

Durant plus de sept heures, ils vont faire et refaire la scène de l'accident de Virée nocturne, un métrage d'une vingtaine de minutes relatant une sortie en bar et discothèque qui vire au drame: deux morts et trois blessés graves.


Scènes en direct

Sur la route du Puits, une Renault 19 roule à vive allure, dérape et percute une Citroën AX arrivant en sens inverse. Marc et Stéphane filment la perte de contrôle. Mélanie noircit ses feuilles de tournage. Lydie a l'oreille rivée à son talkie-walkie. "En réalité, les deux véhicules ne se touchent pas. Tout sera reconstitué en images de synthèse puis un garagiste, en fonction de la puissance de l'impact, cabossera les voitures" explique Bao Long. "Cette scène ne dure même pas deux minutes dans le film" indique Marc. Céline, Caroline, Gaël, Jérémy, Pierre et Stéphane ont encore du pain sur la planche. Après des plans au Bar B'Art, à la rockothèque spitelloise Le 5, au bloc opératoire d'Hospitalor, au commissariat de police local... le tournage sera bouclé le 24 juin.

"Ce film s'adressera à des jeunes qui vont passer le permis de conduire. Nous faisons un travail pédagogique pour les sensibiliser aux dangers de la conduite en état d'ivresse" dit Marc. Pour frapper encore plus les esprits, la projection "sera entrecoupée de directs: l'arrivée des sapeurs-pompiers sur le lieu de la projection. Ils désincarcéront les victimes transportées en hélicoptère à l'hôpital" observe François Ponthieu. Des scènes parfois brutales, choquantes pour tenter de modifier des comportements.

Paru le : 2005-06-20 (Républicain Lorrain éd. Saint-Avold / Actualité)


Une Virée nocturne: le film choc des lycéens

L'initiative est originale. Des jeunes de Saint-Avold, titulaires ou pas encore du permis de conduire, viennent de jouer dans un court-métrage: une soirée trop arrosée qui finira mal. Des images "choc" pour toucher juste.


Deux morts, trois blessés graves. La soirée en discothèque tourne au drame sur la route du retour. Ces quelques lignes pourraient être les premières d'un fait divers tragique. Encore un. Il ne s'agit heureusement que du pitch (synopsis) de Virée nocturne, un court-métrage tourné cet été entre Saint-Avold et L'Hôpital. Il sera projeté dans la première nommée le 21 octobre prochain devant plus de 700 lycéens. "Un film de plus dans le cadre de la semaine de la sécurité routière", soupireront certains. Probablement, sauf que cette fois l'idée émane de jeunes désirant s'adresser directement à leur génération! François Ponthieu, intervenant départemental de sécurité routière, s'est fait leur porte-parole auprès du ministère des Transports, la Préfecture et la municipalité naborienne.

"Nous sommes tous concernés par les conduites dangereuses dues à l'alcool, à la prise de drogues>, assène Pierre, l'un de ses fils. Pour donner du relief à son personnage, ce dernier se lâche complètement sur le plateau: alignant verre sur verre dans un bar à la mode pour ensuite aller s'éclater en "boîte". Au final, il reprend son véhicule, en perd complètement le contrôle et percute de plein fouet celui dans lequel avaient pris place des copains de lycée.

"Passé 25 ans, on a, malheureusement, presque tous déjà perdu un ami dans un accident de voiture, déplore, lucide, Marc, son grand-frère et réalisateur, alors quand c'est toi qui es à l'origine du drame..."
Afin de marquer les esprits, la famille Ponthieu et ses amis n'ont pas lésiné sur les moyens, faisant appel à la société naborienne 3 DS'Com pour la réalisation, à Stéphane Ulrich, chef opérateur de Cycl'One, association audiovisuelle messine, à la scripte Mélanie Roth ou encore à Bao Long N'Guyen, spécialiste des effets spéciaux. "Nous souhaitions des images très proches de la réalité en filmant l'arrivée des sapeurs-pompiers, la désincarcération des victimes, leur prise en charge à Hospitalor..."

Pas question donc de faire l'impasse sur les scènes brutales, tournées évidemment en numérique! "Il n'y a que comme ça qu'on peut sensibiliser le public et surtout ceux qui viennent d'obtenir le permis et se prennent pour des pilotes!", estime Stéphane, l'un des acteurs, le seul de la bande à ne jamais boire d'alcool. "On avait aussi envie de raconter une histoire, ce qui s'était passé avant jusqu'aux conséquences", souligne Céline qui lui donne la réplique.
"Montrer comment une situation peut vite devenir dangereuse", précise Caroline, heureuse elle aussi d'avoir participé à l'aventure. "En fait, le personnage de Pierre est vachement cliché. C'est le leader de notre groupe mais il n'est pas méchant", dévoile encore Jérémy. Et pourtant, le jeune adulte finira en garde à vue. "Il prendra alors conscience de ce qu'il a fait. A cause du joint qu'il a fumé la veille, à cause de l'alcool, de son comportement immature", analyse Pierre.
Avec d'autres copains, le Naborien a également composé la musique du film. Pour ajouter encore à l'émotion qui accompagne les dernières minutes.
 

Paru le : 2005-09-19 (Républicain Lorrain éd. Lorraine / Actualité)


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